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Routes hospitalières.

L’art de la circulation en Thaïlande.

Un vaste gymkhana.

Je voudrais commencer par une remarque générale et donner un ton positif à mes observations du trafic  routier en Thaïlande :

« Conduire dans ce pays est une course d’obstacles permanente, ponctuée de mille dangers. Je n’hésite cependant pas à préférer la liberté offerte par la circulation en Thaïlande aux corsets étroits et sécurisants des routes occidentales ». Pour le reste, la conduite d’une moto est aussi risquée que la vie.

Même anecdotique, la description des problèmes de circulation n’est pas anodine. Il est facile de tomber dans la critique sociale d’un modèle et de comportements différents ou de sombrer dans l’humour noir, face à l’hécatombe des accidents. Suivre la crête du réalisme et de l’objectivité est un équilibre difficile, que je ne prétends pas maîtriser dans ma narration, fondée sur des appréciations, expériences et émotions personnelles.

Voici en vrac des « généralisations » tirées de vingt ans de survie sur les routes du Siam.  Elles sont parmi les plus dangereuses du monde mais offrent également, surtout dans le Nord, les plus extraordinaires ballades à moto.

Pour les étrangers, la première difficulté est le sens de la circulation. Elle se fait généralement à gauche. Cependant même les citoyens des pays anglo-saxons, dans lesquels la circulation se fait toujours de ce côté-là sont surpris du nombre d’exceptions à cette règle.

Ceci n’est pas le seul facteur d’étonnement. Toute surface peut servir à rouler, dans le sens et selon l’opportunité du moment. Les trottoirs sont des voies de circulation et les pistes d’autoroute peuvent être utilisées pour parquer. La définition de l’usager de la route est également large, elle englobe les éléphants, les énormes trains routiers, les frêles piétons et timides cyclistes ainsi que des motards et voitures testant les limites de leurs performances. Tous partagent ou se disputent aimablement les mêmes pistes. Dans ce désordre apparent règne un certain calme, de la bonhomie, peut-être de la résignation. Il y a peu d’ agressivité et presque pas de bruits de klaxons.

Sur le plan des attitudes, il faut s’habituer à penser hors du cadre restreint d’un code de la circulation. D’ailleurs, si celui-ci existe, personne ne le connaît ni ne s’en préoccupe. Quelques « règles coutumières » assurent un minimum de fluidité : éviter d’entrer en collision avec les véhicules situés à l’avant, laisser la priorité aux plus grands, aux plus prestigieux et aux plus hardis.

D’autres « normes » se vérifient par l’observation. La vitesse n’est pas limitée par une signalisation, mais par les contraintes techniques des véhicules et par l’ agilité des conducteurs. Les lois de la gravitation et du temps de réaction son également peu connues, à part des victimes d’accidents, morts sans en avoir parlé. A plus de cent à l’heure, une distance entre pare-choques d’ un mètre est un sursis, révoqué au moindre incident.

La liste des « libertés » compte bien d’autres singularités. Les marquages sur les routes donnent un air de modernité à la chaussée, ils n’ont pas d’autre utilité. Pour éviter les accrochages il suffit de voire, d’être vu et de réagir judicieusement. Ceci est souvent le cas, même si les fréquentes exceptions alimentent les statistiques des morts et des blessés. La vitesse exagérée (vision trop tardive pour réagir),  l’inattention (vision obstruée par l’alcool ou par des substances illégales) et le manque de lumière (les phares servent aussi à être vu) sont les principaux obstacles humains à un décompte routier moins meurtrier.

D’autres « aides » à la conduite, comme les feux tricolores, règlent la circulation croisée de manière presque efficace. Il suffit de ne pas être daltonien, inattentif ou euphorisé pour admettre de s’arrêter. Les cycles d’attente sont généralement  longs et favorisent un gymkhana de remplissage des espaces par les plus petits véhicules, notamment les « deux roues ». Attirés par le vide, ils zigzaguent et s’infiltrent, comme un fluide entre des interstices.  L’objectif n’est pas seulement de prendre de l’avance, mais, si possible, d’être en pole position. Jouant des coudes, les plus hardis occupent le terrain, parfois jusqu’au milieu du carrefour. A l’arrière l’enchevêtrement se complique de seconde en seconde, jusqu’à la délivrance par le feu vert. L’observateur ébahit voit alors se défaire, sans trop de dommage, un nœud  gordien apparemment inextricable.

Ne pas participer à la « marche en avant » fait courir un risque élevé de suffocation aux motocyclistes. Aucun véhicule n’arrête son moteur et les poids lourds à la carburation mal réglée, rejettent leurs émanations à hauteur de narines. Comme pour les paquets de cigarette ils mériteraient la mention: « ma fumée tue ».

« Jai yen yen » – le sang froid sur la chaussée.

Près des agglomérations le réseau des routes thaïlandaises est large et confortable. Quatre, six, huit pistes sont la norme, souvent avec une bande centrale infranchissable. Cette « canalisation » du trafic rapide nécessite  des issues, quelques rares échangeurs, des carrefours réglés et surtout les omniprésents « u-turns ». En manoeuvrant, les gros véhicules bloquent généralement deux à trois pistes, les autres se contentent de moins, mais tous coupent sereinement la route aux motos. Plus rapides au démarrage celles-ci cavalent en tête des pelotons et sont  la cible privilégiées des « u-turnistes », peu impressionnés par les véhicules légers. Les excès de vitesse sont un autre facteur de stupéfaction sur des  axes traversant villes, faubourgs et villages. En Occident la limite serait de cinquante kilomètres à l’heure. Faute de radars, seule l’inconscience ou la hardiesse des chauffards constituent des normes. Dans les agglomérations, une aiguille de compteur marquant cent-vingt kilomètre use les nerfs des autres conducteurs et les freins.

Parmi mes aberrations préférées se trouvent les « lucarnes de retour » sur la voie opposée, les perfides « x-turns », permettant à toutes sortes d’usagers de circuler à contre-sens. Celui qui vient en face est supposé voire et accepter cette manoeuvre, évitant lui-même la collision. L’attention doit également être permanente par rapport aux véhicules roulant dans le même sens. A tout moment, ils peuvent obliquer vers la gauche ou vers la droite, sans signal préalable et sans se douter qu’ils possèdent des rétroviseurs. Il faut toujours avoir à l’esprit cette possibilité qui devient une certitude si le déplacement est signalé, par un bras ou par un clignoteur. Le conducteur va alors immédiatement couper la route, sans se préoccuper d’éventuelles autres manoeuvres en cours.

J’ai moi-même vérifié ce postulat lorsqu’une motocyclette coupa ma route à angle droit, provoquant notre chute. Ma rencontre avec le macadam se solda par une clavicule cassée. Le chauffard se défila en vitesse, me laissant péniblement relever mon chopper avec mon bras valide.

Une autre manoeuvre déconcertante est le déplacement à droite précédent la bifurcation dans un chemin à gauche. Ce « zig-zag » non annoncé est utile pour entrer, à vitesse relativement élevée, dans une voie étroite et à angle droit, sans risquer d’écorner sa voiture. Le conducteur ayant prévu de passer à gauche, s’il ne provoque pas un accident, en reste pour le moins pantois.

Les piétons sont les parents pauvres de la route, je suis d’ailleurs étonné qu’il en reste encore. Au péril de leurs vies ils courent comme des toreros, affrontant les véhicules en évitant absolument les passages protégés dont la fausse sécurité peut être fatale. Quelques feux rouges leurs fournissent un havre très provisoire, car les automobilistes redémarrent, après le passage du peloton, sans attendre le changement de couleur. Arrivant à grandes enjambées, un retardataire est considéré comme suicidaire.

Si les feux tricolores inspirent du respect, c’est avec une large zone de tolérance. Un minimum de 2 à 3 véhicules accélèrent et passent au rouge avant qu’un usager considère un arrêt. Selon la vitesse et la grandeur des véhicules ce chiffre peut augmenter considérablement, jusqu’à bloquer l’onde verte de la voie opposée. Les feux rouges sont souvent placés de manière pernicieuse, fixés très haut à des câbles traversant  l’horizon. L’alternative « nez-en l’air » ou concentration sur les véhicules précédents est un choix scabreux. Par ailleurs, les signaux pour la traversée du carrefour et pour les bifurcations latérales sont jumelées sur un même panneau. Se fier à la couleur, sans discerner les flèches, conduit directement à une collision.

Les usagers de la route en Thaïlande (j’inclus les étrangers grisés par leurs nouvelles libertés), se souviennent bien du théorème physique définissant la droite comme le chemin le plus court. Les applications à la circulation sont nombreuses. Un sens interdit, par exemple, vaut rarement le détour. Les fameux “x-turns” (circulation à contresens), les contours franchement coupés, la traversée à angle droit de quatre pistes d’autoroute sont des pratiques courantes et acceptées. Nous sommes au pays de la tolérance et les surfaces permettant la circulation sont ouvertes à tous, à conditions de pouvoir y survivre. Ce principe de sélection naturelle conduit à être fréquemment témoin d’accidents graves ou d’incidents mineurs. La rubrique des chiens écrasés, si elle existait encore, noircirait les colonnes des journaux. Morts, ils ne sont cependant plus très dangereux. Le vrai fléau, ce sont les animaux subitement poussés par leur karma à traverser la route, particulièrement à l’approche d’un véhicule à deux roues.

Si la fantaisie est de rigueur au niveau des dilettantes, on devrait pouvoir faire confiance aux chauffeurs professionnels et aux transports publics. Ceci n’est de loin pas le cas et ils ne sont pas plus fiables. Dans cette catégorie l’origine des accidents est un cocktail explosif combinant la nonchalance, la pression d’effectuer de nombreuses courses, les véhicules mal entretenus avec la fatigue et les stimulants. Beaucoup de voyages se terminent ainsi contre un obstacle, en collision avec d’autres usagers ou dans un ravin.  Personnellement, je  me méfie également des chargements des véhicules utilitaires. Ils sont souvent mal arrimés et prompt à se libérer sur la chaussée. J’ai vu se déverser devant moi des dizaines de palettes en bois, me laissant un infime temps de réaction pour me déporter sur l’autre voie.

Et pourtant ils roulent !

Tous les usagers et toutes les routes ne sont pas égales devant les accidents. A Bangkok, «collés (1)» dans les légendaires embouteillages, les risques majeurs sont la suffocation et l’empoisonnement au monoxyde de carbone. A la campagne l’effet de surprise prédomine. A tout moment une horde animale peut s’octroyer les pistes d’une chaussée également utilisée pour sécher du riz et pour rapatrier les ivrognes (à pied, à moto ou dans un cercueil). Un autre aspect « déroutant » est  la qualité du revêtement, lorsque les nids de poules font place à des « baignoires à cochons », à la profondeur incertaine, remplies de la dernière pluie. Comme beaucoup de routes sont dans un excellent état, les tronçons dégradés sont inattendus. Une réparation en cours sur le bitume est généralement marquée par quelques grosses branches, plus périlleuses que les  trous pour les motos. La même signalisation est utilisée pour les pannes. Elle est fréquemment oubliée sur place après l’incident.

Au centre de Bangkok, le trafic ralentit est une protection efficace, non pas contre les accidents (dont la capitale est le plus gros « contribuable ») mais contre leur gravité. De plus les secours y sont plus efficaces avec un réseau dense d’ambulances en compétition pour récolter les dépouilles.  Les routes pratiquement vides des lointaines campagnes sont également peu dangereuses. Les faubourgs de la capitale et les autres villes importantes paient le plus lourd tribut en vies humaines. L’opulente Chiangmai, avec sa jeunesse universitaire, la « hi-so » de Bangkok en résidences secondaires, les ouvriers émigrés de la proche Birmanie et un quota important de touristes, occupe souvent la tête du palmarès nécrologique.

Au cours d’un périple de plus de 3000 km, sur les routes de l’Isan (Nord Est), je n’ai été témoin d’aucun  accident et n’ai rencontré aucun chien écrasé. A peine de retour à Chiangmai j’ai vu une voiture ayant percuté un arbre, dans le périmètre même de ma résidence. Le conducteur s’était probablement endormi, en plein jour. Un chauffeur de taxi, rencontré le lendemain, revenait d’une course dans le voisinage ou il avait récupéré un motard, également endormi au volant.

Ma liste de «généralisations» ne donnent pas un reflet correct de la réalité. Tous les Thaïs (ou étrangers en Thaïlande) ne conduisent pas de manière inappropriée. Il faut même admirer le sang froid (2) avec lequel beaucoup se jouent des obstacles, conservant une ligne de conduite régulière et le sourire.
Certains comportements individuels ou des habitudes locales sont cependant étonnants, parfois amusants mais souvent dangereux (ainsi que le prouvent les statistiques des accidents (4)).

« Ne vous méprenez pas – Les Thaïs ne sont pas le seul peuple au monde à  mal conduire. Il pourraient cependant conduire tellement mieux. … les habitants de la Thaïlande sont très doués pour manier des véhicules à moteur. Dans quel autre pays peut on voire une fille ivre de 14 ans zigzaguer sur une motocyclette de 50 cc tout en parlant au téléphone à ses amis assis en amazone sur le siège arrière avec un petit chien terrifié dans les bras? Il ne devraient pas être dans la rue, mais au cirque. »
(3) Olivier Benjamin

J’ai été témoin d’une telle scène et si je ne peux pas affirmer  que la fille était sous l’emprise de la boisson, les autres éléments de l’image étaient similaires.

Prochain post (deuxième partie) : Les racines du désordre – Réduire les hécatombes – Conclusions personnelles et prévention

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(1) traduction de « rot tit », mot thaï signifiant embouteillage, littéralement voitures collées

(2) sang froid: jai yen yen, littéralement cœur froid

(3) The Outsider’s guide to Thailand, Olivier Benjamin. Bangkok books, 2005

(4) Références aus statistiques des accidents de la route

Songkran’s (the Thai New Year) « seven dangerous days » ended with 373 deaths and 4,332 injuries in 3,977 road accidents nationwide.

Motorcycles were the vehicles most involved in road accidents, about 82 per cent of all vehicles. The biggest cause of accidents was drunken driving (40.66 per cent), followed by speeding (19.96 per cent).

A total of 5,271,977 drivers and motorcycle-riders were examined at checkpoints nationwide. Of those, 408,020 were cited for violating the law, including 137,806 for driving without a licence and 136,772 for not wearing a helmet.

The Nation  2009-04-18
http://www.thaivisa.com/forum/Songkran-Traffic-Deaths-Up-Injurie-t258549.html
accessed september 2009

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Apologie du bœuf.

Dans la bonne direction, chaque pas est un voyage

Le shaman dit:

« Vous ne devez pas manger de viande de vache …. Pensez au pauvre bœuf. Un animal fort et charmant. Il aide les hommes au travail des champs et sur les chemins. Pour le manger vous devez le tuer. Cette viande entre en vous et vous transforme, vous aussi, en un assassin. »

(1) Un Devin m’a dit, Tiziano Terzani

J’ai décidé, il y a quelques années déjà, de ne plus consommer de viande de bovidés.  Il n’est pas nécessaire de justifier ou même d’expliquer ce choix dont le fondement n’est ni un dogme ni un endoctrinement, rien d’ésotérique, mais une banale réflexion personnelle. Malgré sa portée pratique limitée, l’intention est positive et, «dans la bonne direction, chaque pas est un voyage».

L’année du bœuf (2) me donne l’opportunité de faire une apologie de cet animal symbolique et de

Lannée du boeuf

L'année du boeuf

démystifier ma résolution. Celle-ci ne fut pas sans conséquences sur mon entourage. Mes amis s’en sont amusés et ont adapté, en ma présence, certaines habitudes gastronomiques, jusque dans la sélection des restaurants. Ils ont accepté ce changement sans scepticisme, railleries ou prosélytisme.

Ma détermination remonte à une époque ou sévissait  une épidémie de « vache folle ». Il n’y avait pour moi aucune relation avec cette épizootie, cependant, la crainte de contracter la maladie de Creutzfeldt-Jakob était un à priori admissible pour renoncer à manger du bœuf.  Personnellement, j’étais géographiquement éloigné et sanitairement peu sensibilisé aux ravages d’une maladie ayant surtout touché le Royaume-Uni.

A postériori, je découvre de nombreux arguments militant en faveur d’une réduction de la consommation de viande en général. Ces éléments n’ont cependant joué aucun rôle dans ma décision, fondée uniquement sur une  anecdote de vie quotidienne.

Lors de ballades dans la campagne thaïlandaise, j’arrête souvent ma moto pour admirer et photographier les rizières aux contours aléatoires et dont les nuances de couleurs, les reflets et les

En famille

En famille

ondulations ne cessent de m’émerveiller. Un peu partout, des familles de paysans s’affairent et ponctuent le paysage de leurs costumes indigos. Au bord des sentiers, quelques huttes, aux toits couverts de larges feuillages, offrent un abri précaire pour se reposer et manger. Il suffit de s’approcher pour être gratifié de larges sourires et toute question liée au repas déclenche immédiatement l’offre de le partager. Le penchant des agriculteurs à consommer toutes les sortes de protéines animales, des plus rampantes aux plus ailées, me font généralement renoncer à accepter cette charmante coutume. Il suffit alors de tapoter son ventre pour signifier que l’on sort de table et que l’on est “rempli”.

Sans aller jusqu’à la dégustation, mon intérêt se porte sur le contenu des plats. Traditionnellement, la nourriture était enveloppée dans des feuilles de bananiers, le modernisme les a cependant remplacées par des sachets en plastique. Un brouhaha joyeux m’introduit aux délicatesses du jour et aux variantes saisonnières, disponibles selon le succès des chasses et cueillettes. La communication se fait par rires et onomatopées complices, ponctuées par les questions: “tu manges ça?”.  Avec un peu d’habitude, tout peut se manger. Les rongeurs, habitant des rizières, et certains insectes, sont des délicatesses. Si un peu d’argent est disponible, les poules, canards, cochons et crevettes améliorent également l’ordinaire. Pointant du doigt une bête de somme, je m’attire des moues réprobatrices. Non! Pas de bœuf, c’est un péché, cet animal a de la valeur, il nous apporte son aide dans les champs et sur  les routes.

En occident, nous ne consommons pas nos animaux familiers, chiens et chats sont épargnés, parfois

Un animal utile

Un animal utile

même les lapins, tortues et autres compagnons de jeux. Un agriculteur d’Asie peut avoir des dispositions similaires envers ses animaux de somme. Son respect du buffle, de la vache et des autres bovidés à une valeur à la fois pratique et sentimentale.  Ce n’est pas seulement un enseignement du Bouddha (3), qui protège tout organisme vivant, mais une conviction personnelle ancrée dans le cœur de beaucoup de paysans.

Cette attitude m’a séduite et je l’ai adoptée. Il ne s’agit pas d’une renonciation importante, cependant nulle pierre n’est trop petite pour construire un chemin, nul apport insignifiant si l’intention est positive, «dans la bonne direction, chaque pas est un voyage».

Ultérieurement, quelques recherches et lectures consacrées à l’environnement ont renforcé ma

Un ami de lhomme

Un ami de l'homme

conviction de l’opportunité de mon choix. La viande de bœuf a un très mauvais bilan de transformation des protéines végétales en protéines animales. Le processus est également intensif en utilisation d’eau et l’extension de l’élevage bovin a des effets catastrophiques dans certains pays. Au Brésil, il contribue largement à la destruction de la forêt amazonienne (4,5). Peut-être plus humoristique, une sérieuse étude du gouvernement Australien préconise le remplacement de la viande de bœuf par celle des kangourous. Les bovidés émettent en effet des quantités importantes de méthane, un gaz polluant pour l’atmosphère (6).

Récemment, le film « Home » de Yann Arthus-Bertrand (7) a mis en évidence, pour un vaste public, les nuisances de certains excès. Parmi les exemples cités il y a la consommation de 30’000 litres d’eau, pour la production d’un seul kilo de viande de boeuf, et l’utilisation de la moitié des céréales commercialisées dans le monde pour la nourriture des animaux et la production de fuel.

Finalement, il faut également distinguer les interdits religieux, notamment dans l’hindouisme. Les

Vache protégée en Inde

Vache protégée en Inde

fondements sont similaires car la vache a été protégée par les brahmanes pour son utilité et son symbole de source de vie. Il est donc tabou de tuer cet animal. Pour les agriculteurs, par contre, il ne s’agit pas d’un interdit mais d’un sentiment de compassion. Cette approche m’a séduite, il y a quelques années déjà. Bien sûr c’est un très petit pas. Devenir complètement végétarien serait peut-être mieux, et d’ailleurs … pourquoi pas?

(1)  A Fortune – Teller Told Me, Tiziano Terzani, Flamingo 1998

(2)  Une nouvelle année chinoise a commencée le 26 janvier 2009 et se termine le 13 février 2010. Cette année est placée sous le signe du buffle (ou bœuf), l’un des 12 animaux du zodiaque chinois.

(3) Cette attitude n’est pas commandée par le bouddhisme qui interdit de tuer mais non pas de consommer la plupart des viandes, si l’animal n’a pas été tué spécifiquement pour être offert en repas au moine.

(4) Three or four reasons why eating beef might become the subject of open social disapproval:

  • its highly energy-intensive (the energy required to produce one kilogram on a table in the UK is among the highest for any foodstuff)

  • its water consumption is big (instant data from Fred Pearce’s book: 11,000 litres “to grow the feed for enough cow to make a quarter pound [100g] hamburger” – compared with 500 litres for a kilo of potatoes)

  • commercial beef ranching creates a monoculture – and can even lead to desertification of the area.

http://thenextwavefutures.wordpress.com/

http://thenextwavefutures.wordpress.com/2007/05/24/beef-starting-on-the-road-to-disapproval/ (accessed in September 2009)

(5) Because the conversion efficiency of feed to meat is so low in cattle, there is no more wasteful kind of food production. British beef producers would be extinct were it not for subsidies and European tariffs. Brazilian meat threatens them only because it is so cheap that it can outcompete theirs even after trade taxes have been paid. But if it’s unethical to eat British beef, it’s 100 times worse to eat Brazilian.

The past three years have been the most destructive in the Brazilian Amazon’s history. In 2004 26,000 sq km of rainforest were burned: the second- highest rate on record. This year could be worse. And most of it is driven by cattle ranching.

George Monbiot The Guardian, Tuesday October 18 2005

(6) Professor Ross Garnaut, the man asked by the Federal Government to help save the planet and reduce the impact of climate change, has published a 620-page report, which forecast higher electricity, gas, food and petrol prices for us all, predicted that unless a way is found to reduce livestock methane emissions, that iconic Australian animal, the kangaroo, could become a regular feature on our dinner plates.

Garnaut warned that food prices will rise to a point where households will move away from traditional beef and lamb, eat more chicken and pork and re-runs of Skippy will start being shown on the Food Channel.

There are an estimated 1.5 billion cattle on the planet, their four-chamber, bacteria-filled guts generating more than 100 million tonnes of methane, about 20 per cent of the emissions thought to be contributing to global warming.

Kangaroos, apparently, are far more polite dinner guests. « Australian marsupials emit negligible amounts of methane from enteric fermentation, » wrote Garnaut, who added that scientific modelling shows the potential for big reductions in our sheep and cattle numbers. These could be replaced at the same time by expanding the present population of kangaroos from 34 million to 240 million within 12 years.

http://www.garnautreview.org.au/chp24.htm

http://www.garnautreview.org.au/domino/Web_Notes/Garnaut/garnautweb.nsf

http://www.dailytelegraph.com.au/news/roo-not-for-our-bland-palates/story-e6frezz0-1111117646351

(accessed in September 2009)

(7) “Home” Yann Arthus-Bertrand, June 5, 2009 . Movie presentented worldwide, on multiple media, for the World Environment day.


Similitudes culturelles aux confins de l’archipel Indonésien

Bali, destination de rêve, havre de repos baigné par l’océan Indien, confins

Plages de Bali

de l’Indonésie, à l’extrême de la grande Java, est une vitrine lumineuse de culture orientale. Attirés par ses atours, amateurs de surf, de dépaysement ou de repos colonisent régulièrement les plages de cette île de la sonde (1). Déterminés à conserver l’originalité de leurs traditions, ses habitants se préservent encore du déferlement constant des influences étrangères. Ils maintiennent leur héritage et entretiennent un précieux capital éthnologique. Au delà du soleil, du sable et des vagues, le panthéon hindouiste (2), avec ses divinités, ses personnages mythologiques, ses nombreuses fêtes et rites religieux, attire et enchante les voyageurs.

La petite ville de Kuta, en bordure de mer, n’a pas résisté au modernisme. Au-delà de sa plage, dans ses hôtels et « guest houses », dans les magasins et échoppes, sur la route et dans les ruelles, l’animation est permanente. Souvenirs et artisanat adaptés aux goûts des touristes, copies de toutes sortes, particulièrement de films en vogue, panoplie complète des marques de « fast-food » et de prêt-à-porter s’exposent pour attirer les chalands. Ce paysage urbain serait monotone sans les taches d’exotisme formées par de petits temples hindous, îlots paisibles et colorés, dont la permanence s’oppose à l’éphémère commercial. Enracinés dans la tradition, gardiens des coutumes et croyances, ils assurent la continuité des coutumes, accueillant de nombreuses cérémonies rituelles, comme les offrandes quotidiennes de riz et de fleurs.

Dans un carrefour, au milieu de la ville, un petit temple est particulièrement en évidence. Je l’avais souvent regardé et visité sans prêter attention à une inscription dorée, gravée sur l’un de ses murs. Soudain, ce message en lettres dansantes m’apparaît familier. Il semble écrit en caractères thaïs,

Ecriture de Bali

comme pour souhaiter la bienvenue aux visiteurs siamois. La ressemblance avec l’écriture de Chiangmai, celle du Nord, de l’ancien royaume du Lanna, est encore plus frappante (3). « C’est l’écriture balinaise (4)», m’expliquent quelques passants. Elle était utilisée avant la romanisation des caractères, introduite avec la colonisation. De nos jours son emploi se limite aux inscriptions religieuses et à quelques noms de rues, mais ses bases sont encore enseignées dans les écoles.

Des milliers de kilomètres séparent la Thaïlande de l’île de Bali. Entre deux, tout s’écrit en caractères romains, rendant cette similitude plus étonnante. Quelques fidèles, rencontrés dans un temple, m’amènent un élément de réponse. Avec un large sourire ils affirment: « la Thaïlande, c’est aussi Bouddha ».

Dans cette île à forte prédominance hindouiste (2) je m’étonnais du nombre de représentations de Siddhārtha Gautama (6), disponibles dans leséchoppes pour touristes. Il ne s’agit pas seulement d’opportunisme commercial, car

Souvenirs ... aussi Bouddha

Souvenirs ... aussi Bouddha

les pratiques locales combinent réellement des éléments des deux religions. La parenté des écritures remonte donc aux racines de l’hindouisme et du bouddhisme. Couverts par les bouleversements de l’Histoire, les développements politiques et religieux ces liens se sont effacés lorsque l’Islam s’est imposé en Malaisie et en Indonésie.

De nombreuses écritures de l’Inde et de l’Asie du Sud-Est ont leurs racines dans la brahmi (5). L’empereur indien Ashoka, promoteur éclairé du bouddhisme, l’utilisa pour ses édits gravés dans le roc et sur des colonnes monumentales marquant des événements de la vie du Bouddha. Une joyeuse farandole de caractères arrondis donne son air de famille à ces écritures. La similarité s’arrête cependant à une impression visuelle. Des évolutions divergentes et des adaptations locales ont rendu ces alphabets incompatibles.

Parfois éloignés, antagonistes ou entremêlés, deux grand courants ont modelé les cultures, les croyances et les écritures d’Asie. L’Empire du Milieux (7) a étendu son influence depuis le nord et l’Inde des Aryens a propagé sa culture depuis l’ouest. Un troisième courant, lié à l’islam, a traversé le sous-continent indien, descendant jusqu’en Indonésie. Plus récemment, la colonisation occidentale a apporté de nouveaux bouleversements, modifiant encore les coutumes, les langues et les religions.

L’île de Bali n’a pas subi l’influence de l’Islam, l’hindouisme y est resté prédominant (3). La colonisation occidentale, par contre, a favorisé le remplacement de l’écriture locale par les caractères romains, utilisés dans toute l’Indonésie.

Birmans, Thaïs, Laotiens, Khmers et beaucoup d’habitants du sud de l’Inde reconnaissent des formes familières en comparant leurs écritures,

Ecritures thaïes

Ecritures thaïes

particulièrement dans les inscriptions des temples et les noms d’anciennes rues. Malheureusement, cette similitude ne permet pas de déchiffrer les messages car les alphabets ont subi des évolutions divergentes et les langues parlées sont totalement différentes.

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(1) Bali est la plus occidentale des îles de la Sonde, au sud l’archipel indonésien.

(2) Agama Hindu Dharma is the formal name of Hinduism in Indonesia. It is practised by 93% of the population of Balii http://www.nationmaster.com/encyclopedia/Balinese-Hinduism accessed 12.10.2008

(3) The Lanna script is a descendant of the Old Mon script like the Lao religious scripts and Burmese script. It was used during the time of the Lanna kingdom, founded in 1259 and conquered by Burma in 1558. http://www.omniglot.com/writing/lanna.htm Accessed 10.10.2008

(4) The Balinese alphabet or Carakan descended ultimately from the from Brahmi script of ancient India. http://www.omniglot.com/writing/balinese.htm. Accessed 10.10.2008

(5) Brāhmī est un terme qui fait référence aux membres pré-modernes de la famille des systèmes d’écritures brahmiques nées en Inde.

(6) The original name of the Bouddha

(7) Nom utilisé par les Chinois pour désigner leur pays (Zhong Guo).

Bases d’écriture chinoise.

Une écriture simple et universelle!

C’est une plaisanterie… bien sûr! L’apprentissage de l’écriture chinoise est extrêmement ardu. Sans cette difficulté majeure, elle pourrait cependant être universelle. En utilisant des idéogrammes (1) dessinés sans référence à un alphabet de sons, on s’affranchit des contraintes du langage parlé. Les graphismes représentent des objets et des concepts sous une forme réaliste, souvent fortement schématisée (2).

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Bus pour l'aéroport

Un système similaire se développe dans le monde moderne. Des symboles sont utilisés pour exprimer des idées et transmettre des message pouvant être compris rapidement, sans nécessiter un décryptage par des sons. C’est, en quelque sorte, la réinvention des caractères de l’écriture chinoise.

Sur les routes, dans les gares et aéroports les représentations schématiques fleurissent. Les mots sont remplacés par des images ou dessins simplifiés, dont la signification visuelle se veut évidente.

Nez en l’air au décollage, l’image d’un avion signale les « départs », le « check in » ou un « arrêt de bus pour l’aéroport » … selon le contexte d’affichage. L’idée est exprimée sans recours aux phonèmes hermétiques de la communication orale. Les symboles pictographiques ont l’avantage d’être universels.

Il est possible de combiner les signes graphiques pour étendre ou préciser les messages. Une croix indique la négation ou l’interdiction, par exemple sur une cigarette, un téléphone ou un durian (3) interdits dans certains lieux publics. Le carré représente la bouche, les ouvertures, les tunnels. Combiné avec un personnage il indique un passage sous-voie et sa direction, si l’on ajoute une flèche.

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Caractères évidents?

A l’extrême et moyennant le respect de quelques conventions, une suite de panneaux de signalisation permet de dessiner une phrase entière, libérée des barrières de la langue parlée.

Cette manière « imagée » de décrire le monde des objets et des idées est une caractéristique unique de l’écriture

chinoise. Sans alphabet et sans reproduction phonique des mots, elle est utilisée pour communiquer dans différentes langues, non seulement dans les dialectes chinois, mais partiellement en japonnais et en coréen.

En investissant le temps nécessaire pour apprendre quelques milliers d’idéogrammes on dispose d’une sorte d’espéranto (4) de l’écriture, un mode universel de communication. De nos jours, un milliard et demi de personnes font cet effort, plus ou moins de bon gré.

Dans le passé, les caractères chinois étaient utilisés dans plusieurs pays d’Asie. Ils ont été totalement supprimés en Thaïlande et au Vietnam ou partiellement remplacés en Corée et au Japon par des alphabets de conception locale (5). Ces changements étaient destinés à faciliter l’apprentissage de la lecture, gagnent en rapidité tout en perdant en universalité.

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(1) « Logogramme », « idéogramme », « sinogrammes » ou « pictogramme » sont des nuances utilisés dans les ouvrages de linguistique et dont la définition n’est pas utile dans le cadre restreint de ce blog.

(2) Les vagues de simplifications de l’écriture chinois (la plus récente lors de la révolution culturelle) ne contribuent pas toujours à la compréhension universelle. Les caractères deviennent différents d’une époque à une autre et d’un pays à l’autre. Taïwan, par exemple, a conservé les caractères traditionnels alors que la Chine continentale adoptait une vague de simplifications.

(3) Durian. Le roi des fruits exotiques mais avec une très forte odeur. Référence: http://mybanyan.wordpress.com/2008/05/10/une-odeur-denfer

(4) L’espéranto est une langue construite, conçue à la fin du XIXe siècle par Ludwik Leizer Zamenhof dans le but de faciliter la communication entre personnes de langues différentes à travers le monde entier. http://fr.wikipedia.org/wiki/Esperanto

(5) En Corée et au Japon un système mixte a été mis en place combinant un alphabet de conception locale à des caractères chinois souvent utilisés de manière phonétique.

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Mcdo - entrée - à droite

Mcdo - entrée - à droite

Rattraper le temps perdu.

25 juin 1988.

A l ‘heure ou l’Europe chasse ses rêves inachevés, le midi a déjà passé le 90e méridien. Réveillé au petit matin, J’imagine la torpeur humide enveloppant la mi-journée dans un Orient mythique, exotique et lointain; une réalité dès demain.

Le tour du monde par lest

Le tour du monde par l'est

Quelques heures d’avion suffisent pour accélérer le temps. A contre sens du soleil, le décallage de l’horloge interne est favorisé par un sommeil précaire, bercé par les vibrations des réacteurs. Onze heures de vol, seize heures d’horloge, tôt le matin c’est l’étappe de Bangkok. Furtivement, le temps s’est rétréci.

Deux semaines à zigzaguer sur le 100e Méridien, à la découverte de l’Asie du Sud-Est, gomment toutes références au temps passé. Kuala Lumpur, Singapore, Jakarta et Bali vivent dans les mêmes fuseaux horaires. Finalement, avant l’envol vers l’Australie, une seule heure s’est ajoutée au temps perdu.

Une escale à Sydney et le voyage continue vers les îles Fidji où la ligne de changement de date quitte l’antiméridien (1) et s’incurve, englobant Tonga dans la même journée. Cette étappe a ajouté 5 heures au déficit (6 heures par rapport à Greenwich). Au total, après trois semaine, un demi-jour a fondu. Quatre minutes perdues par degré de longitude traversé sont cependnt bien dérisoires dans l’immense Pacfique.

Quelques jours plus tard, décollage de Nadi, escale à Rarotonga et arrivée à Faa, aéroport de Papetee, huit heures plus tard… le jour précédent! Revenir dans le temps est improbable et ce phénomène peut surprendre. En fait, une ligne imaginaire, aux antipodes du méridien de Greenwich, ajoute ou retranche arbitrairement une journée de date, selon le sens de rotation.

Chaque jour commence à Fidji!

Chaque jour commence à Fidji!

Toutes les minutes inutilisées durant le trajet vers l’est sont restituées en une fois, augmentées d’un crédit de 12 heures, à amortir sur la seconde partie du voyage.

En se référant à un « log » précis, les marins de Magellan, au retour de leur périple, avaient déja créé l’étonnement en vivant à une date différente. De son côté, Filias Fog, héro de Jules Vernes, profita d’une journée supplémentaire pour gagner sa course autour du monde par l’est (2).

Polynésie, Hawaii, Etats-Unis encore deux semaines de flânerie avant le retour en Europe, 35 jours pus tard … en fait après un tour du monde en 36 journées d’une durée moyenne de 23 heures et 20 minutes.

29 juillet 1988.

(1) méridien de 180° de longitude

(2) Jules Vernes; Le tour du monde en 80 jours

Une Chance Unique

08.08.08” date d’exception dans un millénaire! Parmi les séries remarquables celle-ci est particulièrement importante pour la tradition chinoise. La journée d’ouverture des J.O. de Beijing est de bon augure pour les athlètes et … pour les marriages.

8 or 13 ? cultural choice

8 ou 13 --- le bon choix?

La superstition, très présente dans cette culture, fait du chiffre “8” un important symbole de chance. Son pouvoir “porte-bonheur” est lié à une banale homophonie avec le mot « prospérité » (“ba”/”fa”). A l’inverse, le nombre « 4 », paye un tribut à sa ressemblance phonique avec « mort » (“si”).

C’es en termes monétaies que se mesure la vivacité de ces symboles. Des sommes souvent colossales sont versées pour l’acquisition d’un numéro minéralogique ou de téléphone, d’une adresse ou d’un compte bancaire. Un autre exemple est l’imposante tour “Jin Mao” de Shanghai (hôtel Hyatt) avec ses 88 étages.

Ostensiblement en évidence, le chiffre “8” est une marque de status social. Le “4”, par contre, est évité et souvent supprimé des numéros de série et des plaques d’ascenseurs.

Les Occidentaux s’amuse de l’attachement oriental à la numérologie. A l’ouest, le rationalisme et l’oubli ont gommés de nombreuses superstitions. Le « vendredi 13 » cependant … et dans de nombreux immeubles on évite d’indiquer le 13 ème étage. Le « 7 » a souvent une connotation positive alors que le « 666 » n’impressionne plus que les initiés.

La croyances au pouvoir des chiffres est enracinée dans un contexte religieux ou phonique. Elle varie donc diamétralement selon les lieux, les cultures et les langues, mettant en évidence son caractère irrationnel. Cette constatation n’ébranle cependant pas des convictions profondément ancrées dans les traditions populaires.

culturellement correct

culturellement correct

Il est probablement impossible de provoquer la chance par une poignée de « 8 », mais la possession (onéreuse) d’un nombre remarquable est un symbole social recherché. Éviter les séries néfaste en est juste l’antithèse.

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Un doute peut-être!

Le journal « Epoch Times », dans sont édition du 20 mai 2008, rapporte des calculs troublant glanés dans les « chat rooms » chinois, sur Internet.

Quelques événement du début de l’année 2008:

25/1 une gigantesque tempête de neige s’abat sur la Chine 2+5+1 = 8

14/3 manifestations sanglantes au Tibet 1+4+3 = 8

12/5 tremblement de terre désastreux 1+2+5 = 8 de plus cet événement se situe exactement 88 jours avant l’ouverture de jeux olympiques, le 08.08.08

Saveur brûlante!

Tom yam kung … attention danger! La plus piquante des soupe thaïe doit son effet brûlant à un petit piment en forme de « crotte de souris »(1). Une généreuse cuillerée de ce potage colorera d’ aubergine le visage incrédule des consommateur mal avertis. Les initiés hilaresse souviennent alors avec délice de leur baptême du feu. Brûlures dans la bouche, bouffées de chaleur, sueur intense le tout a peine calmé par de grands verre d ‘eau glacée.

La cuisine thaïe regorge de chausse-trapes! Parfois rouge, parfois vert, les petits piments se camouflent partout et se manifestent a des endroits inattendus, pénétrant même la douceur apparente de certains desserts.

Légumes-épices, ces condiments sont si parfaitement intégrés dans plusieurs cuisines asiatiques que l’on s’étonne de leur origine Sud Américaine. Leur arrivée est liée aux courants d’échanges du siècle des grands explorateurs, il y a environ 500 ans.

Sur le plan gustatif, les piments sont pratiquement neutres. Les sensations fortes liées à leur consommation sont produites par un signal intense sur les capteurs de la douleur situés dans la bouche et la gorge, simulant par exemple l’absorption d’un café trop chaud.

Le responsable de cette apparente brûlure est l’huile capsicum contenue dans la chair et les pépins des piments. Peu soluble a l’eau elle s’accroche aux capteurs et résiste au lavage par les boissons normalement a portée de main des consommateurs. La caséine d’un verre de lait ou d’un yaourt est un meilleur détergent. A défaut, un morceau de pain ou une cuillerée de riz peuvent aider.

Les piments sont incorporés sous différentes formes dans les cuisines asiatiques. Généralement frais, en poudre ou en sauce (nam prik) en Thaïlande, ils composent le Sambal en Indonésie, la pâte chilli Sichuan en Chine, le kochujang en Corée et le tuong ot toi au Vietnam.

La sensation de douleur produite par les piments a également des effets positifs. Le cerveau réagit en produisant de l’ endorphine à effet euphorisant. Une fois l’habitude acquise les mets relevés deviennent très plaisants. La consommation de piments apporte de nombreux autres bénéfices liés à leur teneur en vitamine et aux effets thérapeutiques du capsicum.

A la place d’une bière thaïe « Singha », chère au coeur des voyageurs, un verre de lait accompagnerait bien les plats pimentés. A moins d’opter finalement pour la chaleur « attachante » des plats asiatiques relevé

  1. Preek Kee Noo

Référence: Wikipedia