Les marchés du Sud Est Asiatique et les « Chinatowns » de par le monde sont parfois emplis d’une odeur prenante et étrange. Elle marque la saison du durian
(1), le roi des fruits Celui-ci ressemble à un ballon de rugby préhistorique, recouvert de larges épines triangulaires, si généreux en effluves qu’il n’est guère besoin de l’ouvrir pour le reconnaître de loin.
« Odeur d’enfer, saveur de paradis » ! Sa réputation d’être l’une des choses les plus puantes qui soit précède souvent sa rencontre avec le voyageur. Ce qualificatif arbitraire est une manière peu révérencieuse de traiter un fruit peu connu hors d’Asie mais tenu en haute estime dans ce continent.
Le durian est originaire de Malaysie et d’Indonésie ou son nom signifie « couvert d’epines ». Il pousse sur des arbres atteignant des tailles respectables, à l’image des fruits qu’ils portent. La culture du durian s’est également étendue vers la Thaïlande, notamment au Sud, dans la province de Chantaburi, la plus grande zone de production actuelle. Sa popularité se reflète dans son prix qui dépend de la variété et de la qualité, mais reste toujours élevé. C’est un fruit de grand luxe.
Pour les Chinois le durian rechauffe le corps et il est souvent associé à des fruits réduisant cet effet. En Indonésie et Malaisie on lui attribue aussi des vertues aphrodisiaques. Partout, et malgré la dévotion dont il fait l’objet, il est bannit des transports publics, des hôtels et autres endroits ou sa forte présence s’accommode peu de de la promiscuité ou du manque de ventilation.
Le roi des fruits est apprécié pour sa délicatesse et sa noblesse par des millions d’asiatiques, souvent choqués et incrédules face aux qualificatifs scatologiques dont les étrangers l’affublent. Cette différence d’appréciation ne peut être objective, elle est liée à un état d’esprit. L’exemple du durian illustre de manière odorante les différences, parfois subtiles et inconscientes d’appréciation de notre cerveau.
En lui même le durian n’a ni odeur nauséabonde, ni d’ailleurs gout délicieux. Ces qualificatifs sont donnés par notre esprit conditionné, sur la base de mesures transmise par le nez et la langue. Les effluves de ce fruit sont fortes, c’est tout! Les autres qualificatifs sont liées à nos expérience de vie et au conditionnement de notre cerveau. Nous générons parfois des signaux utiles, avertisseurs de danger ou d’attraction. Laissé à lui-même, notre esprit prend cependant des initiatives d’associations moins profitables.
Mauvais goût, odeur répugnante, vision insupportables, sensations désagréables, musique cacophonique, autant de conditionnements liés à des expériences négatives ou à des associations non contrôlées. On risque alors de passer à côté de réelles richesses, sans même les avoir expérimentées. Apprécier un durian en est un exemple. Plus globalement, c’est tout une culture qui peut nous rester étrangère, faute d’avoir préparer notre esprit à l’aborder de manière neutre.
Ce que des millions d’humains trouvent délicieux,beau, fragrant, sensuel et harmonieux ne peut pas réellement être totalement l’inverse pour les autres. La difficulté est de contrôler notre conditionnement et de présenter un esprit neutre et ouverts aux nouvelles expériences.
Les bénéfices d’une telle approche sont immédiats, par exemple le bonheur d’apprécier un durian.
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Qualification de l’odeur du durian trouvées sur des sites internet (traduction en français peu utile).
« smelling like stinky socks » , »it smells like a poorly maintained public convenience », »It smelled like someone's 2-year-old had a stomach ailment about a week before and no one had carried off the soiled nappies yet ». « Like eating custard in a sewer ». "It smells like a poorly maintained public convenience but the taste is worse!".
References:
1(mai – octobre).
http://en.wikipedia.org/wiki/Durian
http://en.wikipedia.org/wiki/Odor




